France, cesses de nous appeler patrons!

France, cesses de nous appeler patrons!

"La révolte des patrons”. “Les patrons grognent”. Une série interminable de phrases avec ce fameux mot de “patrons”. Comme un Dirty word a l’américaine. Le mal français est bien installé: toute la construction du discours médiatico-économique tourne autour de la lutte des classes. Une malheureuse tendance française à la division et l’opposition plutôt qu’au rassemblement et l’apaisement. Et si on disait STOP aux amalgames?

Posons-nous cette question simple: qu’ont Frederic Oudéa, Jean Bernard Levy et Philippe Varin en commun avec Xavier Niel, Jacques-Antoine Granjon et Frederic Mazzela? Les diplômes? Possible, mais peu courant. Au-delà de cette rarissime et anecdotique similarité, presque tout les divise. Les premiers sont des salariés de grands groupes nommés par des Conseils d’Administration souvent bureaucratiques, les seconds sont partis de rien et ont construit de grandes fiertés françaises et européennes.

Ne nous méprenons pas: j’ai un énorme respect pour les grands patrons de groupes français. Leur parcours académique illustre l’excellence élitiste française du top 5 des écoles d’ingénieur aux meilleurs écoles de commerce du pays. Il n’est d’ailleurs pas rare d’y ajouter un passage par Sciences Po et/ou l’ENA. Si les opportunités de postuler à ces écoles est jugé profondément inégalitaire - un débat que nous n’ouvrirons pas -  reconnaissons-en à minima l’excellence, applaudissons celles et ceux qui en sortent diplômés.

La direction d’un grand groupe peut être à juste titre vue comme l’aboutissement d’un chemin académique et professionnel long, laborieux, patient, que nous nous devons de respecter. Je n’ai donc aucune objection a ce qu’e ces grand(e)s dirigeant(e)s soient rémunérés à hauteur de la valeur de cette matière grise. Ils sont toutefois dans une catégorie a part entière, celle des directeurs salariés, et n’ont pas la meme perception de l’entreprise qu'un directeur fondateur.

Etre fondateur, c’est vivre un ascenceur émotionnel permanent, c’est se lancer dans une aventure souvent sans filet de sécurité. C’est, contrairement aux directeurs salaries au revenu garanti, avoir une remuneration intimement liée a chacune des decisions que l’on prend au quotidien pour la (sur)vie de la boite. C’est être dans un marathon ou chaque jour est un sprint. C’est une série de sacrifices permanents pour faire émerger un rêve. Alors quand un directeur fondateur, entrepreneur de son état, est rangé dans le même groupe qu’un Henri Proglio, Anne Lauvergeon et bien d’autres, ca devient insupportable. 

Votre boulanger et votre gérant du kebab du coin est un entrepreneur, pas un patron. Votre CEO perché dans une tour de la Défense est un patron, pas forcement un entrepreneur.

Thibaut Lanxade et Christophe Agnus vous donnent un bel aperçu de la difference entre les grands groupes et les startups dans cette video riche en anecdotes. Délectez-vous! 

Il est très difficile de trouver des patrons parmi les entrepreneurs, et peu d’entrepreneurs deviennent patrons. Parce que 80% d’entre nous n’arriverons pas à faire décoller nos boites. Oui, statistiquement, lancer une entreprise est loin d’être le meilleur moyen de gagner de l’argent. Retenons donc que tous les entrepreneurs aspirent a être patrons, mais peu de patrons ont été des entrepreneurs. 

My 2015 personal resolutions

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How I learned to be a courageous founder

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